Écrire à l’ère de l’accélération: Thoreau, Leopold et la temporalité du vivant
DOI:
https://doi.org/10.21747/21832242/litcomp53a1Palavras-chave:
Accélération, écocritique, littérature comparée,, études temporelles, résistance, journalResumo
Dans un monde façonné par l’accélération technique, sociale et économique, les temporalités humaines se sont désynchronisées de celles du vivant. À partir des travaux de Hartmut Rosa, Paul Virilio et Mikhaïl Bakhtine, cet article propose d’interroger dans un angle comparatiste le rapport de deux figures majeures de la pensée environnementale nord-américaine, Henry David Thoreau et Aldo Leopold à l’accélération et à la disparition des fenêtres temporelles permises par le côtoiement du non-humain. Le Journal de Thoreau (1837-1861), œuvre diariste attentive aux cycles naturels, construit une temporalité d’écriture en résistance à la modernité mécanisée. Témoin de l’exploitation par ses concitoyens du territoire qu’ils occupent, l’infatigable diariste note le glissement d’un rapport à l’environnement de plus en plus économique. Chantre des temporalités du vivant non-humain, son propos incorpore ces ouvertures sur le temps long que permettent végétaux et animaux sur le point de disparaître au détriment des infrastructures humaines. Aldo Leopold, dans A Sand County Almanac (1949), associe phénologie, observation sensible et ralentissement pour remarquer un écosystème sur le point de disparaître au profit du goudronnage du territoire. Ces deux œuvres, menées sur le long cours, intègrent les tensions entre l’accélération moderne et les durées de vie du non-humain. Elles témoignent d’une poétique du ralentissement, qui invite à repenser nos relations au temps, au vivant et au territoire à l’aune d’une cohabitation respectueuse plutôt que d’une domination productiviste.
Downloads
Publicado
Como Citar
Edição
Secção
Licença
Direitos de Autor (c) 2025 Camille Deschamps Vierø

Este trabalho encontra-se publicado com a Licença Internacional Creative Commons Atribuição-NãoComercial-SemDerivações 4.0.
